{"id":390,"date":"2016-12-25T20:14:24","date_gmt":"2016-12-25T19:14:24","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lestarif.fr\/?p=390"},"modified":"2016-12-25T20:14:24","modified_gmt":"2016-12-25T19:14:24","slug":"les-vers-de-terre-veritables-ingenieurs-du-sol-a2c-le-site-de-lagriculture-de-conservation","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.lestarif.fr\/?p=390","title":{"rendered":"Les vers de terre, v\u00e9ritables \u00ab ing\u00e9nieurs du sol \u00bb &#8211; A2C le site de l&rsquo;agriculture de conservation"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Les vers de terre, v\u00e9ritables \u00ab ing\u00e9nieurs du sol \u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Source\u00a0: <em><a href=\"http:\/\/agriculture-de-conservation.com\/Les-vers-de-terre-veritables.html\">Les vers de terre, v\u00e9ritables \u00ab ing\u00e9nieurs du sol \u00bb &#8211; A2C le site de l&rsquo;agriculture de conservation<\/a><\/em><\/p>\n<div class=\"crayon article-chapo-88 chapo\">\n<p>Ce sont d\u2019insatiables et in\u00e9puisables tubes digestifs. Les vers de terre peuvent avaler jusqu\u2019\u00e0 400 tonnes par hectare et par an\u00a0! En dix ans, ils sont capables de dig\u00e9rer l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de la couche arable d\u2019un sol sur 25 centim\u00e8tres de profondeur. Les populations de lombriciens il existe une centaine d\u2019esp\u00e8ces en France ing\u00e8rent et malaxent sans rel\u00e2che la liti\u00e8re v\u00e9g\u00e9tale en d\u00e9composition \u00e0 la surface du sol et la rejettent sous forme de boulettes f\u00e9cales, aussi bien \u00e0 la surface du sol sur lequel apparaissent ces \u00ab\u00a0turricules\u00a0\u00bb ou plus en profondeur dans leurs galeries. Ils brassent ainsi la mati\u00e8re organique et la mati\u00e8re min\u00e9rale du sol. \u00ab\u00a0Ils cr\u00e9ent des complexes organo min\u00e9raux sous forme de microagr\u00e9gats, le meilleur du sol. C\u2019est ce qui lui donne sa structure grumeleuse\u00a0\u00bb, explique le sp\u00e9cialiste de la faune du sol Daniel Cluzeau, du laboratoire \u00e9cosyst\u00e8mes, biodiversit\u00e9, \u00e9volution, du CNRS et de l\u2019universit\u00e9 de Rennes I.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"crayon article-texte-88 texte\">\n<p>Le ver de terre, objet d\u2019\u00e9tude insolite, est, ces toutes derni\u00e8res ann\u00e9es, source d\u2019un v\u00e9ritable int\u00e9r\u00eat scientifique. Il faut dire qu\u2019\u00e0 mesure qu\u2019il dispara\u00eet des sols de France, on lui pr\u00eate un r\u00f4le de plus en plus d\u00e9cisif dans leur bonne sant\u00e9. Une prairie permanente non trait\u00e9e abrite 150 \u00e0 300 individus au m\u00e8tre carr\u00e9, appartenant \u00e0 une dizaine d\u2019esp\u00e8ces diff\u00e9rentes de lombriciens, soit une tonne \u00e0 2,5 tonnes de vers de terre par hectare. Dans un champ de c\u00e9r\u00e9ales ou un vignoble, soumis de longue date \u00e0 une pratique agricole tr\u00e8s intensive, des reliquats de populations un \u00e0 trois vers de terre au m\u00e8tre carr\u00e9, soit 50 kg \u00e0 l\u2019hectare ont pu \u00eatre recens\u00e9s.<\/p>\n<p>Le sol ayant une grande capacit\u00e9 d\u2019amortissement et le r\u00e9seau de galeries pouvant perdurer une dizaine d\u2019ann\u00e9es apr\u00e8s la disparition des vers, l\u2019ampleur du dommage n\u2019est perceptible qu\u2019\u00e0 retardement. Alors, \u00ab\u00a0le jour o\u00f9 les probl\u00e8mes apparaissent, l\u2019\u00e9tat de d\u00e9gradation est tr\u00e8s avanc\u00e9\u00a0\u00bb, d\u00e9plore Daniel Cluzeau. C\u2019est qu\u2019en quelques ann\u00e9es, l\u2019aide des lombriciens est apparue d\u00e9cisive. Les plus petits (les \u00e9pig\u00e9s), de moins de 5 cm, vivent \u00e0 la surface et oeuvrent \u00e0 la fragmentation du couvert v\u00e9g\u00e9tal. Les moyens (les endog\u00e9s) mesurent jusqu\u2019\u00e0 20cm. Ils restent sous terre, se nourrissent de mati\u00e8re organique d\u00e9j\u00e0 d\u00e9grad\u00e9e et creusent un r\u00e9seau de galeries horizontales petites et ramifi\u00e9es. Et il y a les rois (les an\u00e9ciques), les plus grands vers de terre, de 10 \u00e0 110 cm, in\u00e9galables mineurs de fond, qui forent des galeries verticales, jusqu\u2019\u00e0 trois m\u00e8tres de profondeur, dans un incessant va et vient entre les couches profondes et la surface o\u00f9 ils viennent se nourrir la nuit pour \u00e9chapper aux pr\u00e9dateurs qui raffolent de cet apport en prot\u00e9ines. Mais pire que les oiseaux, renards ou sangliers, la charrue est leur ennemi num\u00e9ro un. D\u2019aucuns aujourd\u2019hui renoncent au travail m\u00e9canis\u00e9 pour laisser oeuvrer ces ing\u00e9nieurs du sol. Car l\u2019architecture de leurs galeries est un vrai don de la nature. Ce r\u00e9seau de canalisations jusqu\u2019\u00e0 500 m lin\u00e9aires par m\u00e8tre carr\u00e9\u00a0! assure \u00e0 la fois une respiration du sol et une bonne p\u00e9n\u00e9tration des eaux. La porosit\u00e9 accro\u00eet la capacit\u00e9 de r\u00e9tention de l\u2019eau qui ne ruisselle pas ni ne s\u2019\u00e9coule trop vite en profondeur. La microflore a alors le temps d\u2019\u00e9purer l\u2019eau avant qu\u2019elle ne gagne les nappes souterraines. Les racines des plantes sauvages ou cultiv\u00e9es se nourrissent des \u00e9l\u00e9ments min\u00e9raux pr\u00e9par\u00e9s par les lombriciens et profitent des galeries pour p\u00e9n\u00e9trer plus profond\u00e9ment dans le sol\u00a0; cela participe \u00e0 l\u2019approfondissement de la couche arable.<\/p>\n<p>La disparition de ces pr\u00e9cieux architectes n\u2019est cependant pas in\u00e9luctable. En multipliant les pratiques positives \u2013non retournement de la terre, couvert v\u00e9g\u00e9tal, limitation des intrants, etc., Daniel Cluzeau a pu constater qu\u2019au bout de quelques ann\u00e9es, les populations r\u00e9siduelles de quelques unit\u00e9s de vers de terre au m\u00e8tre carr\u00e9 pouvaient passer \u00e0 quelques dizaines au m\u00e8tre carr\u00e9.<\/p>\n<h3 class=\"h3 spip\">Faut il condamner la pratique du labour\u00a0?<\/h3>\n<p>Guy Richard, directeur de recherche \u00e0 l\u2019Institut national de la recherche agronomique.<\/p>\n<p>Au regard des nouvelles fonctions environnementales du sol (stockage du carbone, pr\u00e9servation de la biodiversit\u00e9, lutte contre l\u2019\u00e9rosion), le labour syst\u00e9matique pr\u00e9sente plusieurs inconv\u00e9nients. Lors du labour, il y a un retournement du sol, l\u2019ensemble des r\u00e9sidus de la r\u00e9colte pr\u00e9c\u00e9dente (telle la paille de bl\u00e9 ou les feuilles de betterave) est enfoui. La surface du sol, alors nu, se d\u00e9grade plus rapidement sous l\u2019action de la pluie, favorisant le ruissellement g\u00e9n\u00e9rateur d\u2019\u00e9rosion. Il peut aussi se cr\u00e9er une \u00ab\u00a0semelle de labour\u00a0\u00bb, c\u2019est \u00e0 dire un tassement du sol \u00e0 30 centim\u00e8tres de profondeur (l\u00e0 o\u00f9 les roues du tracteur et la charrue prennent appui), limitant l\u2019infiltration de l\u2019eau et la p\u00e9n\u00e9tration des racines. Inversement, s\u2019ils restent en surface, ces r\u00e9sidus de culture jouent un r\u00f4le protecteur contre l\u2019action de la pluie. En outre, ils servent de g\u00eete et de couvert \u00e0 la faune du sol. Il est clair que l\u2019enfouissement de cette nourriture se traduit par une baisse quantitative des organismes vivants dans le sol. De plus, l\u2019action de retournement est pr\u00e9judiciable aux vers de terre. Enfin, le labour acc\u00e9l\u00e8re la d\u00e9composition et la min\u00e9ralisation de la mati\u00e8re organique du sol. Le carbone stock\u00e9 dans la biomasse est alors plus vite rel\u00e2ch\u00e9 dans l\u2019atmosph\u00e8re. Pourtant, plusieurs arguments ont longtemps plaid\u00e9 en faveur du labour, notamment parce que celui ci am\u00e9liore la structure du sol et favorise son a\u00e9ration. M\u00eame si l\u2019on peut aujourd\u2019hui obtenir des r\u00e9sultats comparables gr\u00e2ce \u00e0 de nouveaux outils de travail du sol profond, sans retournement. Et, argument de poids, le retournement est un moyen m\u00e9canique de lutte contre les adventices (les mauvaises herbes). Le non labour s\u2019accompagne d\u2019un recours obligatoire aux herbicides, sauf \u00e0 envisager d\u2019autres moyens de lutte. L\u2019avenir r\u00e9side certainement dans le bon usage des p\u00e9riodes d\u2019intercultures, c\u2019est \u00e0 dire dans les cultures interm\u00e9diaires (c\u00e9r\u00e9ales, moutarde colza, radis, etc.) plant\u00e9es apr\u00e8s les r\u00e9coltes d\u2019\u00e9t\u00e9 et qui ont uniquement vocation \u00e0 produire de la biomasse (il n\u2019y a pas production de grain, la culture \u00e9tant d\u00e9truite soit par le gel hivernal, soit par un herbicide). Enfin, il convient d\u2019\u00e9tudier les meilleures rotations de culture, certaines alternances \u00e9tant naturellement favorables \u00e0 la lutte contre les adventices. La suppression du labour n\u2019est donc pas une fin en soi.<\/p>\n<h3 class=\"h3 spip\">\u00ab\u00a0La moiti\u00e9 des agriculteurs pourraient l\u2019abandonner\u00a0\u00bb<\/h3>\n<p>Fr\u00e9d\u00e9ric Thomas, agriculteur, directeur de la revue Techniques culturales simplifi\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00c0 travers le labour syst\u00e9matique, les agriculteurs cherchent \u00e0 la fois \u00e0 se d\u00e9barrasser des d\u00e9bris v\u00e9g\u00e9taux et \u00e0 obtenir une fertilisation naturelle gr\u00e2ce \u00e0 la consommation d\u2019humus qui s\u2019est transform\u00e9 en sels min\u00e9raux. Mais en oeuvrant ainsi, le sol surexploit\u00e9 finit par s\u2019appauvrir. On peut estimer aujourd\u2019hui que quelque 10 000 agriculteurs dont les exploitations repr\u00e9sentent environ 10\u00a0% des terres cultiv\u00e9es ont d\u00e9cid\u00e9 d\u2019opter pour un abandon progressif du travail du sol. Il faut alors plusieurs ann\u00e9es avant que le sol ne retrouve un bon niveau d\u2019activit\u00e9 biologique gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019adoption de pratiques positives (couvert v\u00e9g\u00e9tal, rotation des cultures, etc.). Un agriculteur qui opte pour les techniques culturales simplifi\u00e9es r\u00e9alise 20 \u00e0 40\u00a0% d\u2019\u00e9conomie en co\u00fbt de m\u00e9canisation (notamment sur le poste carburant). Celui qui va plus loin et pratique le semis direct arrive, lui, \u00e0 diviser par deux sa consommation de carburant. Et cela sans perte de productivit\u00e9, si les techniques adopt\u00e9es sont bien ma\u00eetris\u00e9es. Les partisans du nonlabour arrivent aussi \u00e0 diminuer les apports d\u2019engrais pour la fertilisation. Reste encore, il est vrai, \u00e0 r\u00e9gler le probl\u00e8me du recours aux produits phytosanitaires pour le d\u00e9sherbage. Nous y travaillons. Des pays comme le Br\u00e9sil, plus en avance que nous, en utilisent peu. Nous avons donc devant nous une grande marge de progr\u00e8s. Cela devrait permettre d\u2019envisager \u00e0 terme une convergence d\u2019approche avec l\u2019agriculture biologique. Malheureusement, ces techniques sont discr\u00e9dit\u00e9es en France et peu soutenues par les pouvoirs publics. Il n\u2019est certes pas tr\u00e8s \u00e9tonnant que les industriels de l\u2019agrochimie et du mat\u00e9riel agricole soient peu d\u00e9sireux que les agriculteurs reprennent de l\u2019autonomie de gestion dans leurs champs. Pourtant, ces pratiques sont vertueuses d\u2019un point de vue environnemental, aussi bien pour pr\u00e9server la qualit\u00e9 des sols que pour limiter les rejets de gaz \u00e0 effet de serre (gr\u00e2ce \u00e0 une moindre consommation de carburant et \u00e0 un meilleur stockage du carbone dans la mati\u00e8re organique). Elles ont aussi montr\u00e9 leur efficacit\u00e9 technique et \u00e9conomique. Elles devraient, de ce fait, pouvoir concerner au moins la moiti\u00e9 des terres cultiv\u00e9es.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les vers de terre, v\u00e9ritables \u00ab ing\u00e9nieurs du sol \u00bb Source\u00a0: Les vers de terre, v\u00e9ritables \u00ab ing\u00e9nieurs du sol \u00bb &#8211; A2C le site de l&rsquo;agriculture de conservation Ce sont d\u2019insatiables et in\u00e9puisables tubes digestifs. Les vers de terre peuvent avaler jusqu\u2019\u00e0 400 tonnes par hectare et par an\u00a0! 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