{"id":532,"date":"2018-03-10T11:39:28","date_gmt":"2018-03-10T10:39:28","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lestarif.fr\/?p=532"},"modified":"2018-03-10T15:14:05","modified_gmt":"2018-03-10T14:14:05","slug":"opennmt-pourquoi-un-specialiste-de-la-traduction-automatique-passe-a-lopen-source","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.lestarif.fr\/?p=532","title":{"rendered":"OpenNMT: pourquoi un sp\u00e9cialiste de la traduction automatique passe \u00e0 l\u2019Open Source"},"content":{"rendered":"<p>Dans <a href=\"http:\/\/parisinnovationreview.com\/article\/opennmt-pourquoi-un-specialiste-de-la-traduction-automatique-passe-a-lopen-source\">Paris Innovation Review<\/a><\/p>\n<p>Un Workshop s&rsquo;est tenu sur le sujet <a href=\"http:\/\/opennmt.net\">OpenNMT<\/a> (O<span>pen source initiative for Neural Machine Translation<\/span>) d\u00e9but mars \u00e0 Paris, et <a href=\"https:\/\/github.com\/OpenNMT\/Presentations\/tree\/master\/ONMT-WorkshopParis2018\">la totalit\u00e9 des slides sont mis \u00e0 disposition<\/a> sur GitHub.<\/p>\n<p>Le CTO de l&rsquo;acteur industriel de ce march\u00e9 de niche, Systran, explique ci-dessous pourquoi il a mis sa technologie en Open-Source.<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"section-article\">\n<div id=\"title\" class=\"container-title w-container\">\n<h1 class=\"h1-title-article\">OpenNMT: pourquoi un sp\u00e9cialiste de la traduction automatique passe \u00e0 l\u2019Open Source<\/h1>\n<p class=\"h2-subtitle-article\">Les r\u00e9seaux neuronaux sont d\u00e9sormais la technologie dominante dans le domaine de la traduction automatique. Or le d\u00e9veloppement de ces nouveaux outils se fait principalement au sein d\u2019\u00e9cosyst\u00e8mes ouverts. Les acteurs sp\u00e9cialis\u00e9s, qui ont longtemps veill\u00e9 jalousement sur des lignes de codes qui \u00e9taient leurs principaux actifs, peuvent-ils trouver leur place dans ce nouveau monde? Systran a fait ce choix. Pourquoi et comment?<\/p>\n<div class=\"date-text classdate\">Lundi 5 mars 2018<\/div>\n<div class=\"collection-list-wrapper w-clearfix w-dyn-list\">\n<div class=\"dynamic-list w-clearfix w-dyn-items\">\n<div class=\"dynamic-item w-clearfix w-dyn-item\"><a href=\"http:\/\/parisinnovationreview.com\/author\/jean-senellart\" class=\"author-name-article\">Jean Senellart<\/a><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"container-aticle w-container\">\n<div data-ix=\"show-arrowtop\" class=\"rich-text-block w-richtext\">\n<h4>Paris Innovation Review \u2013 Qui sont aujourd\u2019hui les principaux acteurs dans le secteur de la traduction automatique? Et quelle est la place de sp\u00e9cialistes comme Systran?<\/h4>\n<p><strong>Jean Senellart \u2013<span>\u00a0<\/span><\/strong>Google est un acteur majeur du domaine qui, apr\u00e8s avoir utilis\u00e9 la technologie Systran dans les ann\u00e9es 2000, a d\u00e9velopp\u00e9 sa propre technologie qu\u2019il maintient \u00e0 un niveau de pointe. Il participe grandement \u00e0 la d\u00e9mocratisation de la traduction automatique. Mais Google ne vend pas directement de la traduction automatique, en tout cas pas pour les m\u00eames cas d\u2019usage que nous, c\u2019est plut\u00f4t un service parmi beaucoup d\u2019autres au sein de leur mod\u00e8le \u00e9conomique fond\u00e9 principalement sur la publicit\u00e9.<\/p>\n<p>Linguee, avec son service DeepL, est un nouveau venu, dont le mod\u00e8le \u00e9conomique est encore incertain\u00a0: apparemment, il y a une couche gratuite et des services<span>\u00a0<\/span><em>premium<\/em>. Mais pour quels utilisateurs\u00a0?<\/p>\n<p>Le \u00ab\u00a0secteur\u00a0\u00bb proprement dit, c\u2019est-\u00e0-dire les entreprises qui vendent des solutions de traduction automatique sp\u00e9cialis\u00e9es \u00e0 d\u2019autres entreprises, est plut\u00f4t restreint.<\/p>\n<p>La capacit\u00e9 \u00e0 traiter des domaines sp\u00e9cialis\u00e9s est un enjeu cl\u00e9 dans le secteur professionnel, tout comme la qualit\u00e9 et la fiabilit\u00e9 du r\u00e9sultat final. Si l\u2019on vend de la traduction, c\u2019est parce qu\u2019elle est meilleure que ce qu\u2019on peut trouver sur Google ou sur d\u2019autres services en ligne. La traduction g\u00e9n\u00e9rique, c\u2019est tr\u00e8s bien et cela permet \u00e0 mes enfants de faire leurs devoirs plus rapidement, mais pour les documents internes d\u2019une multinationale, on est loin du compte. Prenez un fabricant de pneus, par exemple\u00a0: la traduction g\u00e9n\u00e9rique ne convient pas, parce qu\u2019elle ne comprend pas ce qu\u2019est la manufacture de pneus, et tous les process impliqu\u00e9s. Ce type de client a besoin de la traduction sp\u00e9cialis\u00e9e. C\u2019est le cr\u00e9neau de Systran.<\/p>\n<p>Les besoins des clients peuvent varier. On voit par exemple se d\u00e9velopper des besoins dans l\u2019investigation \u00e9lectronique o\u00f9 de tr\u00e8s grands volumes de donn\u00e9es multilingues doivent \u00eatre comprises et analys\u00e9es pour trouver l\u2019information recherch\u00e9e dans des d\u00e9lais tr\u00e8s courts.<\/p>\n<h4>Il y a aussi les petits acteurs de niche, et la traduction humaine. Dans ce domaine de la traduction, notamment dans des champs sp\u00e9cialis\u00e9s comme le juridique ou la d\u00e9fense, la question de la confiance est majeure. Est-ce que les disruptions sont possibles en la mati\u00e8re? Un nouveau r\u00e9gime de confiance peut-il s\u2019installer, avec des param\u00e8tres totalement diff\u00e9rents?<\/h4>\n<p>Oui, et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui est en train de se produire avec le passage \u00e0 des technologies Open Source, qui sont profond\u00e9ment disruptives, notamment pour un acteur qui fait r\u00e9f\u00e9rence et \u00ab\u00a0capitalise\u00a0\u00bb sur cette valeur de r\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n<p>Observons d\u2019embl\u00e9e que cette notion de r\u00e9f\u00e9rence a \u00e9t\u00e9 fragilis\u00e9e par la r\u00e9volution num\u00e9rique. Quand j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 faire des conf\u00e9rences il y quinze ans, la traduction automatique \u00e9tait un monde tr\u00e8s ferm\u00e9, et ceux qui y avaient acc\u00e8s disaient\u00a0: \u00ab\u00a0On utilise tel ou tel syst\u00e8me, mais Systran c\u2019est notre baseline.\u00a0\u00bb\u00a0Nous sommes un acteur de r\u00e9f\u00e9rence, avec une pr\u00e9sence sur trois continents et 50 ans d\u2019histoire \u2013 une de nos particularit\u00e9s est d\u2019avoir anticip\u00e9 et travers\u00e9 toutes les phases de d\u00e9veloppement technologique. Notre notori\u00e9t\u00e9 allait de pair avec cette valeur de r\u00e9f\u00e9rence. Or aujourd\u2019hui, quand on \u00e9voque la traduction automatique, on pense d\u2019abord \u00e0 Google Translate. En se d\u00e9mocratisant, le champ de la traduction automatique a brouill\u00e9 les r\u00e9f\u00e9rences.<\/p>\n<p>Mais nous ne parlons l\u00e0 que de l\u2019\u00e9rosion d\u2019un ancien syst\u00e8me de r\u00e9f\u00e9rence. Or ce qui est int\u00e9ressant, et commence \u00e0 peine \u00e0 se jouer, c\u2019est l\u2019\u00e9mergence d\u2019un nouveau r\u00e9gime de confiance, et avec lui un autre r\u00e9f\u00e9rentiel. Dans notre domaine c\u2019est ce qui est en train de se passer autour de l\u2019Open Source.<\/p>\n<h4>S\u2019engager dans l\u2019open source peut para\u00eetre paradoxal, puisque cela consiste \u00e0 partager des lignes de code qui sont des actifs particuli\u00e8rement pr\u00e9cieux pour un \u00e9diteur de logiciels.<\/h4>\n<p>Ils l\u2019\u00e9taient encore hier. Mais plusieurs raisons plaidaient pour un changement radical.<\/p>\n<p>Le nombre de lignes de code que nous avions cumul\u00e9es s\u2019\u00e9levait \u00e0 10 millions, en trente ans. C\u2019est beaucoup. C\u2019\u00e9tait sur cette propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle que reposait la valeur de l\u2019entreprise. Nous avions des brevets, des codes avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9s, si on nous volait ces 10 millions de lignes de code, nous \u00e9tions en grand danger.<\/p>\n<p>Ensuite est venue la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration de traduction automatique\u00a0: la traduction statistique. C\u2019est celle de Google Translate, par exemple. Elle est fond\u00e9e sur des optimisations, des algorithmes distribu\u00e9s\u00a0: ce sont des calculs complexes, des algorithmes de haut niveau. Pour faire un Google Translate en traduction statistique, il fallait \u00e0 peu pr\u00e8s 100 000 lignes de code mais des infrastructures de production extr\u00eamement optimis\u00e9es.<\/p>\n<blockquote><p>Un moteur neuronal, c\u2019est 5000 lignes de code.<\/p><\/blockquote>\n<p>La traduction automatique se fait aujourd\u2019hui avec une troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration de moteurs, les r\u00e9seaux de neurones. Or un moteur neuronal, c\u2019est 5000 lignes de code. De deux choses l\u2019une\u00a0: soit vous prot\u00e9gez vos 5000 lignes de code, et elles seront uniques mais isol\u00e9es et potentiellement rapidement d\u00e9pass\u00e9es, soit vous les mettez sur la place publique, et cela vous permet, d\u2019une part, de jouer un r\u00f4le dans un \u00e9cosyst\u00e8me particuli\u00e8rement dynamique, et, d\u2019autre part, en les partageant avec cette communaut\u00e9, d\u2019\u00eatre s\u00fbr que ces 5000 lignes sont les meilleures.<\/p>\n<p>C\u2019est notre strat\u00e9gie. Elle tient \u00e0 une consid\u00e9ration tr\u00e8s simple\u00a0: on ne peut pas prot\u00e9ger quelque chose qu\u2019un \u00e9tudiant brillant en master pourrait faire en cinq jours. Ce n\u2019est plus le code qui doit \u00eatre prot\u00e9g\u00e9, c\u2019est quelque chose de beaucoup plus subtil\u00a0: les donn\u00e9es et le savoir-faire.<\/p>\n<h4>Ce qui cr\u00e9\u00e9e aujourd\u2019hui la valeur, c\u2019est l\u2019entra\u00eenement de ce r\u00e9seau neuronal, et donc la capacit\u00e9 \u00e0 lui fournir des textes, des documents, de la donn\u00e9e r\u00e9f\u00e9renc\u00e9e et de qualit\u00e9?<\/h4>\n<p>Oui, et avec les donn\u00e9es qui viendront de nos diff\u00e9rents domaines d\u2019expertise, le savoir-faire et la persistance. Aujourd\u2019hui, en cinq jours, vous pouvez entra\u00eener un moteur anglais-fran\u00e7ais, mais il faut beaucoup plus pour pouvoir faire toutes les paires de langue. Et ce n\u2019est pas parce que vous l\u2019avez fait une fois que c\u2019est fini\u00a0: vous devez le faire \u00e9voluer. Ce sont la persistance dans le temps et le savoir-faire qui font la diff\u00e9rence.<\/p>\n<h4>Le passage \u00e0 l\u2019open source repr\u00e9sente quand m\u00eame une forme de l\u00e2cher-prise. Ce n\u2019est pas un choix fait \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re?<\/h4>\n<p>Non, mais entre la simple intuition et la strat\u00e9gie enti\u00e8rement calcul\u00e9e, il y a un monde. Quand nous avons lanc\u00e9 la premi\u00e8re version de notre moteur neuronal en open source, sur le framework \u00ab\u00a0OpenNMT\u00a0\u00bb, nous nous sommes interrog\u00e9s sur les risques que nous prenions. Et que souhaitions-nous exactement\u00a0? La r\u00e9ponse n\u2019\u00e9tait pas \u00e9vidente. Mais ce qui \u00e9tait clair, c\u2019est que si nous n\u2019y allions pas nous perdions un potentiel. Et aujourd\u2019hui, plus on avance, plus cela devient une \u00e9vidence.<\/p>\n<h4>D\u00e8s qu\u2019on est dans l\u2019open source, on est dans un r\u00e9gime de relation sp\u00e9cifique, avec un mod\u00e8le d\u2019\u00e9cosyst\u00e8me. Qui sont les principaux membres de cet \u00e9cosyst\u00e8me?<\/h4>\n<p>C\u2019est un \u00e9tudiant de Harvard, Yoon Kim, qui a cr\u00e9\u00e9 la premi\u00e8re version de notre<span>\u00a0<\/span><em>framework<\/em>, et c\u2019est ainsi que tout a commenc\u00e9. Depuis, tout a \u00e9t\u00e9 r\u00e9\u00e9crit essentiellement par Systran, mais il y a aussi une grosse communaut\u00e9 de recherche ajoutant des fonctionnalit\u00e9s plus exp\u00e9rimentales et publiant de nouveaux algorithmes bas\u00e9s sur OpenNMT. Avoir un acteur industriel actif est un enjeu crucial dans l\u2019open source\u00a0: pour qu\u2019un \u00e9cosyst\u00e8me vive, il faut le maintenir. Si vous arr\u00eatez de suivre vos utilisateurs, ils vont aller ailleurs.<\/p>\n<p>Maintenir et d\u00e9velopper une communaut\u00e9 open source demande un investissement sur la dur\u00e9e\u00a0: des d\u00e9veloppeurs qui se d\u00e9dient \u00e0 un code et r\u00e9pondent \u00e0 toutes les questions \u2013 y compris, parfois, des questions de nos concurrents directs qui nous signalent qu\u2019une fonctionnalit\u00e9 ne marche pas ou nous demandent comment proc\u00e9der sur tel ou tel point. Si on joue le jeu de l\u2019open source, on est oblig\u00e9 de leur r\u00e9pondre. Mais en r\u00e9pondant \u00e0 toutes ces questions, nous sommes \u2013 et nous resterons \u2013 au centre du jeu.<\/p>\n<h4>Vous \u00e9voquiez un nouveau r\u00e9gime de confiance. Dans le monde des d\u00e9veloppeurs, beaucoup d\u2019histoires circulent sur la d\u00e9sinvolture des grandes plateformes\u00a0: elles lancent quelque chose, les gens suivent, mais tout d\u2019un coup il n\u2019y a plus rien, et la communaut\u00e9 se sent trahie, elle a l\u2019impression d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 entra\u00een\u00e9e dans une impasse. Le nouveau r\u00e9gime de confiance est-il fond\u00e9 sur une responsabilit\u00e9 assum\u00e9e de l\u2019animateur de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me, un engagement dont les autres acteurs savent qu\u2019il sera tenu?<\/h4>\n<p>C\u2019est exactement \u00e7a. Mais j\u2019ajouterais que cela ne peut se faire en solo. Harvard conserve ainsi un r\u00f4le de r\u00e9f\u00e9rent sur nos projets.<\/p>\n<p>Nous sommes aussi assez proches de l\u2019\u00e9quipe de Facebook, parce que nous utilisons un<span>\u00a0<\/span><em>framework<\/em>, Torch, dont le d\u00e9veloppement est principalement anim\u00e9 par Facebook Research. Ce qui s\u2019est pass\u00e9 l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re est d\u2019ailleurs int\u00e9ressant, et permet de mieux comprendre ces nouvelles fa\u00e7ons de travailler. Ils ont lanc\u00e9 une nouvelle version de Torch, PyTorch et, du jour au lendemain, ils nous ont dit qu\u2019ils allaient r\u00e9duire la voilure sur Torch et faire d\u2019OpenNMT leur projet phare pour ce nouveau framework. Tr\u00e8s bien\u00a0! Leurs ing\u00e9nieurs ont commenc\u00e9 \u00e0 travailler\u00a0; ils ont pris le code d\u2019OpenNMT, et ils ont d\u00e9velopp\u00e9 OpenNMT sur PyTorch. Apr\u00e8s ce d\u00e9veloppement, ils nous ont repass\u00e9 la main et nous avons d\u00e9cid\u00e9 de le maintenir, et PyTorch est devenu un des<span>\u00a0<\/span><em>frameworks<\/em><span>\u00a0<\/span>les plus utilis\u00e9 d\u2019OpenNMT.<\/p>\n<p>Facebook n\u2019aurait pas assur\u00e9 la maintenance de cette version. Ce n\u2019est tout simplement pas leur m\u00e9tier. Cela ne les int\u00e9ressait pas d\u2019entra\u00eener les mod\u00e8les, de v\u00e9rifier qu\u2019ils marchaient, d\u2019int\u00e9grer dans le<span>\u00a0<\/span><em>framework<span>\u00a0<\/span><\/em>les derniers papiers publi\u00e9s. Ils ont fait le premier jet et c\u2019\u00e9tait un premier jet excellent, qui leur a aussi permis de valider PyTorch.<\/p>\n<p>Comme vous le voyez, chacun a sa place dans cet \u00e9cosyst\u00e8me. Notre r\u00f4le n\u2019est pas le plus spectaculaire\u00a0: nous sommes celui qui continue, qui fait le travail s\u00e9rieusement, qui anime la communaut\u00e9. Systran reste focalis\u00e9 sur la traduction, qui est notre ligne directrice.<\/p>\n<h4>Beaucoup de gens se demandent comment une entreprise peut survivre aujourd\u2019hui \u2013 le terme de persistance, que vous avez utilis\u00e9, semble \u00eatre une des cl\u00e9s de la survie. Il faut les moyens d\u2019assurer cette persistance: pour conserver des clients, il faut conserver des d\u00e9veloppeurs autour de vous, et pour conserver des d\u00e9veloppeurs, il faut leur faire une promesse qui sera tenue.<\/h4>\n<p>Oui. C\u2019est facile de d\u00e9marrer, c\u2019est plus compliqu\u00e9 de continuer. Aujourd\u2019hui, beaucoup de soci\u00e9t\u00e9 disent qu\u2019elles utilisent OpenNMT en interne. Booking.com, par exemple, utilise OpenNMT. Pour eux la traduction est strat\u00e9gique et ils ont des volumes gigantesques de donn\u00e9es, en particulier des donn\u00e9es g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par les utilisateurs (User Generated Content) que la traduction automatique permet de valoriser, et ils donc ont une \u00e9quipe interne d\u00e9di\u00e9e qui a fait le choix d\u2019OpenNMT. Pour nous, cela ne fait pas un client, mais cela fait une r\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n<p>Cela peut aussi g\u00e9n\u00e9rer d\u2019autres besoins. Nous sommes par exemple en discussion avec un grand \u00e9diteur de logiciel. Ils ont une \u00e9quipe de localisation interne qui utilise OpenNMT, ils ont de bons r\u00e9sultats, mais ils aimeraient aller plus loin, donc ils nous demandent de l\u2019aide. Habituellement, on aurait abord\u00e9 ce type de client en voulant leur vendre des licences Systran, mais ce n\u2019est pas ce qu\u2019ils nous demandent\u00a0: ils nous demandent de les aider \u00e0 aller plus loin sur OpenNMT.<\/p>\n<p>C\u2019est un nouveau mod\u00e8le d\u2019affaires, d\u00e9riv\u00e9 de cet effort que nous avons fourni sur l\u2019open source\u00a0; un mod\u00e8le\u00a0 que nous n\u2019avions pas vraiment anticip\u00e9, mais qui arrive tout seul, et nous permet de renforcer ce qu\u2019on appellerait, dans d\u2019autres secteurs, notre ma\u00eetrise industrielle.<\/p>\n<h4>On en revient \u00e0 la question de la confiance \u2013 confiance ici dans la stabilit\u00e9 des algorithmes, dans la durabilit\u00e9 d\u2019une solution. Celui qui garantit cette stabilit\u00e9 fait naturellement r\u00e9f\u00e9rence. Mais on peut aussi construire un avantage comparatif sur la capacit\u00e9 \u00e0 expliquer, \u00e0 ma\u00eetriser et communiquer les r\u00e8gles d\u2019algorithmes gratuits, mais en perp\u00e9tuelle \u00e9volution. C\u2019est un positionnement nouveau: celui d\u2019expert du fonctionnement d\u2019un code que tout le monde peut utiliser, un expert capable de transmettre un savoir-faire nouveau, issu de la communaut\u00e9 open source.<\/h4>\n<p>Notre objectif, c\u2019est d\u2019expliquer pourquoi et comment \u00e7a marche. C\u2019est de l\u2019\u00e9ducation. Nous ne sommes plus en train de vendre un produit, mais d\u2019expliquer pourquoi vous devez faire confiance \u00e0 cette technologie\u00a0; et apr\u00e8s, \u00e9ventuellement, nous pouvons vous aider \u00e0 la d\u00e9velopper davantage.<\/p>\n<p>Par exemple, nous avons cr\u00e9\u00e9 et sommes tr\u00e8s actifs sur le forum d\u2019OpenNMT o\u00f9 nous expliquons nos choix, nous donnons des r\u00e9sultats d\u2019exp\u00e9rience, quelle est notre approche. Nous donnons nos recettes, expliquons pourquoi nous pensons que cela marche mieux, sugg\u00e9rons comment am\u00e9liorer.<\/p>\n<p>L\u2019enjeu est aussi de mobiliser la communaut\u00e9 pour avancer vers cet \u00ab\u00a0algorithme universel\u00a0\u00bb qui est l\u2019unde nos objectifs. Nous cultivons ce r\u00eave d\u2019un r\u00e9seau de neurones qui serait capable de parler toutes les langues dans toutes les sp\u00e9cialit\u00e9s\u2026<\/p>\n<p>Mais il y a aussi une autre convergence qui se dessine, qu\u2019on appelle la convergence des modalit\u00e9s\u00a0: aujourd\u2019hui, on voit que le traitement de la voix, du texte, et de l\u2019image, utilisent les m\u00eames technologies, et sont en train de converger. C\u2019est extraordinaire\u00a0! Des papiers ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s, par exemple un papier des chercheurs d\u2019eBay o\u00f9 ils montrent que pour traduire les items de la plateforme, on obtient de meilleurs r\u00e9sultats en donnant \u00e0 l\u2019algorithme les photos que soumettent les utilisateurs. C\u2019est d\u2019ailleurs intuitif\u00a0: par exemple si votre item s\u2019appelle \u00ab\u00a0Apple\u00a0\u00bb et que sur l\u2019image il y a un ordinateur ou un meuble en pommier, la traduction est diff\u00e9rente. La reconnaissance d\u2019image aide \u00e0 la traduction\u00a0: c\u2019est la convergence.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"section-author-aticle\">\n<div class=\"container-author-article w-container\">\n<div class=\"w-dyn-list\">\n<div class=\"dina-flex-hiszontal-center w-dyn-items\">\n<div class=\"dyna-item-authormultio w-dyn-item\">\n<p><a href=\"http:\/\/parisinnovationreview.com\/author\/jean-senellart\" class=\"aithor-name-multi\">Jean Senellart<\/a><\/p>\n<div class=\"profession-author-article\">Directeur g\u00e9n\u00e9ral, Systran<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans Paris Innovation Review Un Workshop s&rsquo;est tenu sur le sujet OpenNMT (Open source initiative for Neural Machine Translation) d\u00e9but mars \u00e0 Paris, et la totalit\u00e9 des slides sont mis \u00e0 disposition sur GitHub. Le CTO de l&rsquo;acteur industriel de ce march\u00e9 de niche, Systran, explique ci-dessous pourquoi il a mis sa technologie en Open-Source. &#8230;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.lestarif.fr\/?p=532\" class=\"more-link\">Continue reading &lsquo;OpenNMT: pourquoi un sp\u00e9cialiste de la traduction automatique passe \u00e0 l\u2019Open Source&rsquo; &raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.lestarif.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/532"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.lestarif.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.lestarif.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.lestarif.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.lestarif.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=532"}],"version-history":[{"count":3,"href":"http:\/\/www.lestarif.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/532\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":536,"href":"http:\/\/www.lestarif.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/532\/revisions\/536"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.lestarif.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=532"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.lestarif.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=532"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.lestarif.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=532"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}